Histoire

 

L'histoire de la tirelire est liée à celle de l'épargne.

La monnaie métallique apparaît 7 siècles avant Jésus-Christ et la première tirelire est sans doute d'origine grecque. Les pièces sont glissées dans un "thesaurus" en terre cuite représentant un temple. Les épargnants romains enferment leurs économies dans des cassettes, des coffres, des bourses ou des tirelires à casser produites à peu de frais par des potiers.

Les tirelires du moyen âge et de la renaissance sont peu nombreuses. A cette époque sont créées des tirelires métalliques équipées de systèmes de fermeture complexes et les cassettes sont parfois en cuir ou en bois. Pendant la réforme l'Europe voit naître les premieres tirelires en céramique, Delft imitant les porcelaines d'extrême orient en créant des pièces sphériques ornées de décors bleu.

Au XVIII éme  siècle on découvre la porcelaine et les autres matériaux s' ennoblissent. Le fer forgé est repoussé, laqué et rehaussé de métal doré, les bois utilisés sont plus précieux (ébène, noyer, palissandre,...), le bronze, l'argent, l'ivoire ainsi que les céramiques polychromes  sont souvent utilisés. Ces objets appartiennent encore à la bourgeoisie mais à partir de 1840, grâce à la révolution industrielle,  ceux-ci se démocratisent. Chez les classes les moins aisées on trouve des tirelires en terre cuite émaillée ou peinte , oeuvres de potiers de campagne.  Les formes simples ( sphériques ou piriformes )  évoluent pour devenir plus recherchées. Les cochons tirelires apparaissent dans toute l'Europe et l'artisanat campagnard met en avant de nouveaux thèmes: poules, canards , pigeons, ... . Désormais la tirelire est considérée comme un jouet éducatif destiné à développer le sens de l'économie et de l'épargne aux enfants.

Le XIX eme  siècle  est l'âge d'or des tirelires et les formes se diversifient: maisons, meubles, objets de la vie quotidienne, personnages et  animaux exotiques. En Amérique du nord les tirelires en fonte à mécanisme sont très à la mode. 

Malheureusement la fabrication des tirelires s'essouffle après le première guerre mondiale et dès les années 50 la céramique n'est presque plus utilisée. L'avènement des grandes séries industrielles plongent ces objets dans l'univers du périssable, les motifs s'appauvrissent et les formes simples sont créées en plastique ou en fer blanc.

Aujourd'hui pièces et billets n'ont que rarement l'occasion de connaître le repos au fond d'une tirelire. Heureusement certaines d'entre elles ont survécu , pour le plus grand plaisir des collectionneurs.


    

Pendant des siècles les tirelires en céramique ou en poterie ont représenté un buste, symbole de fécondité. Ces pieces de forme sphérique, posées parfois sur un piedouche et coiffées d'un bouton ou d'une pointe se rencontrent encore. D'autres modèles s'inspiraient aussi des bourses, porte-monnaie, troncs, barils ou coffres. Ces objets étaient peu coûteux et faciles à réaliser.

Au XVIII éme  siècle apparaissent les premières figures animales, tirant leur origine de l'artisanat rural. Le paysan préfère un objet inspiré de son propre environnement. A la campagne la possession d'animaux est synonyme d'aisance. Bien que chaque pays ait ses formes et ses symboles favoris, le cochon se rencontre partout. La seule richesse des paysans était le porc,"une tirelire sur pattes" en quelque sorte. Autre signe de prospérité: la poule pondeuse, celle ci est souvent représentée sur un nid, couvant ses oeufs. On trouve aussi d'autres animaux de la ferme: canard, oie, lapin, chat, chien, ... .

Fin XIX eme  siècle les tirelires commencent à être destinées aux enfants. Les formes se diversifient, des animaux exotiques apparaissent. L'ours, symbole de prévoyance, accumule de la graisse pour l'hiver. L'éléphant apporte puissance et richesse à son propriétaire.

Début XX eme  siècle les tirelires deviennent des articles d'exportation ou on les achète comme souvenir de voyage. Elles comportent des scènes typiquement régionales ( bretonnes, cornemuses, tête de marin,..) ou deviennent simplement publicitaires.Les grands événements, telle la guerre de 1914, inspirent aussi les créateurs. Dans les années 30 la bande dessinée envahit l'Europe. Onnaing et Desvres , entre-autre, s'inspirent de Walt-Disney. L'humour est aussi au rendez-vous avec les caricatures d' Esdeve. Les faïenceries font preuve de beaucoup d'originalité ( personnages célèbres, chaussures, fruits et légumes). A la moitié du siècle les tirelires s'inspirent de plus en plus des innovations industrielles : avions, paquebots, voitures, postes de TSF et de télévision. Ces objets, souvent monochromes, sont fabriqués en grandes séries, restent abordables, mais sont de facture peu soignée. 

Les plus belles tirelires sont produites fin XIX eme  siècle et début XX eme  siècle et sont souvent en barbotine. Beaucoup d'autres matériaux sont aussi utilisés: plâtres peints qui servaient de lots dans les foires, carton, métal, fonte émaillée , bois et plastique. 


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